Tu ne les as jamais entendus crier, mais ils crient

Album numérique / NT 123

Inclut le téléchargement en format MP3 / OGG / FLAC.

Album sur cassette / NTCS 123

Inclut le téléchargement en format MP3 / OGG / FLAC.
  • 1. Chapitre 1
  • 2. Chapitre 2
  • 3. Chapitre 3
  • 4. Chapitre 4
  • 5. Chapitre 5
  • 6. Chapitre 6

Le duo montréalais de witchcore La Fièvre fait suivre son album éponyme avec une histoire d’horreur enveloppée dans un fascinant mélange de pop et de horrorcore.

Parmi la vivante famille de la pop intelligente francophone montréalaise (Lydia Képinski, Les Louanges, Hubert Lenoir), La Fièvre joue un peu le rôle de la petite sœur hyper allumée.

Pour leur nouvel EP, La Fièvre ont choisi une nouvelle route thématique, sans rien perdre de l’intensité rythmique de leur premier album. Dans ce nouveau mini-album concept, une pandémie sans nom transforme des gens ordinaires en monstres assoiffés de violence et de sang, pendant que ceux et celles qui n’ont pas attrapé la maladie tentent de rester sains d’esprit au milieu du chaos rampant. À la fin, bien sûr, tout se termine aussi horriblement mal que dans un bon film d’horreur.

Fan d’horreur en tout genre, Zéa a suggéré l’histoire à sa comparse Ma-Au, qui s’est immergée tête première dans les classiques du film d’horreur afin de créer la trame sonore parfaite pour les mots inquiétants de Zéa. Qu’une pandémie se soit immiscée dans la réalité pendant la réalisation de l’album n’a fait que rehausser la tension déjà présente dans le projet. En termes sonores, le duo mêle synthés agressifs, percussions rythmiques et mélodies irrésistibles, et réalise le rare exemple d’un hybride électronique-doom qui reste profondément punk. «Chapitre 1» dessine la scène avec un rap électronique décrivant les émeutes et l’intervention de la police, minimisant la violence en soulignant que la foule est surtout composée d’«hommes blancs». Le tempo augmente progressivement alors que les immenses basses synthétiques gagnent en agressivité, alors que le chaos du «Chapitre 3» se transforme dans un paroxysme rave avec «Chapitre 4», prélude à la terrible conclusion de cette histoire.

Même un non-francophone comprendrait l’intensité grimpante de la narration, de son ouverture tendue jusqu’à sa fin violente, à travers d’inquiétants moments d’une incertaine accalmie. Une horde de «gens en colère», victimes d’une maladie qui ne sera jamais nommée, rôdent dans la ville la nuit, provoquent des actes de violence meurtrière, une scène qui sera décrite non à partir d’une confortable position de surplomb, mais plutôt à travers la lentille très contemporaine des médias sociaux et des podcasteurs vidéo. La population toujours indemne tente de trouver confort le jour, souriant aux voisins, tâchant de vivre normalement… sachant très bien que la normalité ne peut plus durer. «Toi qui avais si peur des cris, maintenant tu te méfies du silence.» Bientôt, les amitiés se brisent, les liens familiaux explosent, et la survie devient un labeur solitaire. Jusqu’à ce qu’enfin l’appel des insomniaques se fasse assez insistant, séduisant peut-être?… «Autant te laisser aller…»

D’abord autopublié, Tu ne les as jamais entendus crier, mais ils crient est maintenant réédité en cassette et en numérique par l’étiquette montréalaise No Type.

  • Disponible le: 2022-10-28

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